Les contrastes s’opèrent à plusieurs niveaux. Au niveau spatial, nous sommes frappés par la juxtaposition d’univers urbains contrastés. A Dubaï, par exemple, nous passons successivement, en moins de 50 kms, de grandes étendues désertiques composées des dunes de sable rougeâtres, à un mini Manhattan qui surgit de façon surréaliste avec des tours gigantesques dont l’architecture est très diversifiée puis à des quartiers qui grouillent de monde avec des petites boutiques marchandes. Nous sommes également saisis par la dynamique de l’espace, par son évolution permanente. L’impression de traverser des villes en construction permanente ; les grues se comptent par centaines, peut-être même par milliers.
Ce dynamisme immobilier crée des sensations vertigineuses. D’une part, les défis à l’espace sont véhiculés par la construction de tours allant jusqu’à 800 mètres de hauteur, d’autre part, les défis au regard des contraintes temporelles se traduisent par la rapidité avec laquelle ces constructions se réalisent. Rapidité souvent due à la présence d’une main d’oeuvre très nombreuse, sous payée qui travaille sur les chantiers, de jour comme la nuit. La dynamique de l’espace peut produire chez l’usager, des sentiments de désorientation de part le caractère non pérenne des constructions, notamment dans le secteur routier, avec la disparition soudaine d’un axe, d’une route, d’un rond-point. Cette frénésie immobilière se fait souvent au dépend de la qualité de la batisse. Un expatrié français nous racontait avoir vu le lustre tombé sur son lit, alors que l’habitation était neuve.
