Les marqueurs identitaires, tel le code vestimentaire, sont moins revendiqués par les communautés étrangères que par les natifs eux-mêmes. Le port de la Dishdasha (longue robe en coton blanc) et du ghetra (long voile blanc) pour les hommes, et le port de l’abaya (longue robe noire) et du shela (long voile noir) pour les femmes semblent davantage véhiculer un signe de distinction nationale au regard de la population non émirienne. Le signe d’appartenance à la religion musulmane semble être secondaire. Il est intéressant de noter que ces marqueurs évoluent dans le temps et dans l’espace, notamment auprès de la jeunesse émirienne. Les jeunes hommes émiriens n’ont, par exemple, pas le droit de porter la Dishdasha dans les discothèques après 22 heures. Quant aux femmes, le port de l’abaya et le port du voile ne sont pas obligatoires ; la façon de les porter varie en fonction du contexte ; c’est un jeu de cache-cache situé qui signifie pour beaucoup d’entres-elles, davantage un espace de liberté qu’un acte de soumission à l’homme.
