Dès mon arrivée, j’ai été saisie par ces juxtapositions identitaires, par ce bouillonnement culturel qui au final semble s’auto-réguler à travers un certain « respect » au sein des groupes sociaux. Les communautés se juxtaposent ou se croisent sans jamais véritablement se mélanger. Les témoignages d’expatriés convergent tous dans le même sens : ils reconnaissent s’inscrire davantage dans une stratégie identitaire de « l’entre-nous ». Vu de l’extérieur et, exception faîte des travailleurs indiens et pakistanais sur les chantiers, nous ne sommes pas frappés par un phénomène de « ghettoïsation ». A Dubaï, comme à Abou Dhabi ou à Al Ain, nous avons davantage l’impression d’arriver dans un pays du « bien vivre ensemble » où le conflit et l’agressivité ne semblent pas avoir droit de cité ; où les représentants de la loi, les mainteneurs de l’ordre social semblent être nulle part et pourtant partout à la fois.
