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03/11/2010

Des marqueurs de distinction

Les marqueurs identitaires, tel le code vestimentaire, sont moins revendiqués par les communautés étrangères que par les natifs eux-mêmes. Le port de la Dishdasha (longue robe en coton blanc) et du ghetra (long voile blanc) pour les hommes, et le port de l’abaya (longue robe noire) et du shela (long voile noir) pour les femmes semblent davantage véhiculer un signe de distinction nationale au regard de la population non émirienne. Le signe d’appartenance à la religion musulmane semble être secondaire. Il est intéressant de noter que ces marqueurs évoluent dans le temps et dans l’espace, notamment auprès de la jeunesse émirienne. Les jeunes hommes émiriens n’ont, par exemple, pas le droit de porter la Dishdasha dans les discothèques après 22 heures. Quant aux femmes, le port de l’abaya et le port du voile ne sont pas obligatoires ; la façon de les porter varie en fonction du contexte ; c’est un jeu de cache-cache situé qui signifie pour beaucoup d’entres-elles, davantage un espace de liberté qu’un acte de soumission à l’homme.

Des identités plurielles

Dès mon arrivée, j’ai été saisie par ces juxtapositions identitaires, par ce bouillonnement culturel qui au final semble s’auto-réguler à travers un certain « respect » au sein des groupes sociaux. Les communautés se juxtaposent ou se croisent sans jamais véritablement se mélanger. Les témoignages d’expatriés convergent tous dans le même sens : ils reconnaissent s’inscrire davantage dans une stratégie identitaire de « l’entre-nous ». Vu de l’extérieur et, exception faîte des travailleurs indiens et pakistanais sur les chantiers, nous ne sommes pas frappés par un phénomène de « ghettoïsation ». A Dubaï, comme à Abou Dhabi ou à Al Ain, nous avons davantage l’impression d’arriver dans un pays du « bien vivre ensemble » où le conflit et l’agressivité ne semblent pas avoir droit de cité ; où les représentants de la loi, les mainteneurs de l’ordre social semblent être nulle part et pourtant partout à la fois.